Will Driving West (French)

February 19, 2016

Will Driving West
Photo par Daphné Caron

Au printemps 2007, le film Once de John Carney prend l’affiche. Dans cette comédie musicale minimaliste, on découvre Glen Hansard, des groupes The Frames et The Swell Season, dans le rôle d’un busker irlandais. Une image assez forte pour envoyer un jeune musicien québécois alors âgé de 23 ans, David Ratté, dans les rues de Galway, en Irlande, pour jouer des chansons de Radiohead. C’est aussi là-bas, à trois heures du matin dans une auberge de jeunesse, qu’il trouve les accords de Thieves, la première composition de Will Driving West (http://willdrivingwest.com/).

Will Driving West. Un nom de groupe relié à une autre référence cinématographique, soit le film Good Will Hunting, à la fin duquel le personnage de Matt Damon, Will, va rejoindre sa blonde dans l’Ouest, au son d’une chanson d’Elliott Smith. Will Driving West. Un nom parfait pour une formation dont les chansons sont pensées pour bien s’écouter en road trip…

Le désir de faire de la musique folk a germé lors de ce voyage en Irlande, fin 2008, mais il a fallu plus d’un an avant qu’il se concrétise, Ratté se consacrant entre temps à enregistrer le deuxième album de son groupe post-rock Man an Ocean (https://mananocean.bandcamp.com/) et à jouer dans la formation de Frank Fuller (https://frankfuller.bandcamp.com/). Une année assez bien remplie, mais plutôt sombre pour le musicien, qui n’avait pas encore trouvé le projet musical qui allait vraiment le remplir de bonheur.

Thieves, le premier extrait de l’album The Breakout de Will Driving West

C’est au début 2010 que la donne commence à changer lorsque Ratté envoie la maquette de Thieves à celles qui vont devenir les premières autres membres de Will Driving West, Andréa Bélanger (piano, basse, voix) et Camille Paquette-Roy (violoncelle). Ensemble, ils écrivent, composent et enregistrent l’ensemble de leur premier album en seulement trois mois. « L’année entre Galway et le début de Will Driving West a été l’année où je devais toucher le fond du baril pour pouvoir me dire : “Là ça suffit, c’est pas vrai que j’vais passer ma vie malheureux de même” », se rappelle Ratté. «  Avec Will Driving West, mon bonheur n’a cessé de monter en flèche. Je ne reconnais plus ce gars down de 2009… »

Will Driving West font paraître The Breakout (https://willdrivingwest.bandcamp.com/album/the-breakout) le 10 octobre 2010 (10/10/10). Les chansons qu’on retrouve sur ce disque autoproduit sont tout en simplicité, ne réinventant pas le genre, mais charmant à tout coup par leurs mélodies accrocheuses et leurs paroles ici mélancoliques (October’s Coming, Another Kind of Departure), là irrévérencieuses (Throw It In the Fire).

Deux ans et une vingtaine de spectacles à travers le Québec plus tard, Will Driving West, dont les rangs comptent désormais aussi le batteur Benoît Caron, lance l’immense Castles (https://willdrivingwest.bandcamp.com/album/castles) au Théâtre Plaza en juin 2012. Sur ce deuxième album, le folk intimiste de la formation est agrémenté de touches plus rock, d’arrangements plus complexes et d’ambiances plus variées, de l’épique Better Lands à la dépouillée Invisible.

“Better Lands” enregistrée en spectacle à la Salle Desjardins-Telus, Rimouski, QC

Si les chansons de Will Driving West n’ont jamais atteint les ondes des radios commerciales, elles ont toutefois souvent été entendues au cinéma et à la télévision à partir de 2012, dans des œuvres aussi variées que le court métrage présenté à Cannes Margo Lily (https://vimeo.com/73728043), la websérie Comment survivre aux week-ends (http://clindoeil.ca/cswe/comment-survivre-au-week-ends), le film Camion de Rafaël Ouellet (http://www.tfo.org/fr/univers/cinetfo/100391827/camion) ou plus récemment, la série de la CBC This Life (http://www.cbc.ca/thislife/).

« Here we go again », chante Ratté au début de Grow, une des premières pièces sur Fly (http://willdrivingwest.bandcamp.com/album/fly), le sublime troisième album du groupe, qui est maintenant complété par un cinquième membre, le guitariste Nicolas Ouellet. D’abord lancé en version numérique en juin 2014, puis en CD et en vinyle en février 2015 suite à une campagne de sociofinancement, Fly est ponctué par le passage des saisons : le printemps et ses effluves d’espoir, l’été dans toute sa splendeur, l’automne teinté de mélancolie, l’hiver de force. À travers le tout, on découvre autant une chanson d’amour tendre comme No Empty Promises, où Ratté déclare tendrement à sa douce « I want you to feel safe inside my arms », qu’un hymne fédérateur comme The Adventure où le groupe chante en chœur des « oh-oh-oh-oh-oh-oh-oh » ou une pièce plus sombre comme Evicted, avec son intense finale percussive.

Vidéoclip d’Evicted réalisé par Paul Tom

Six ans après leurs débuts, Will Driving West a vendu plus de 10 000 albums et donné une centaine de spectacles en carrière, le tout sans le soutien d’une maison de disques. C’est avant tout le bouche-à-oreille et son équivalent virtuel sur les médias sociaux qui ont permis au groupe de développer un solide noyau d’admirateurs à travers le Québec. Et en 2016, Ratté et ses acolytes espèrent suivre les traces d’autres formations montréalaises qu’ils admirent telles que Half Moon Run et conquérir d’autres horizons, à commencer par le reste du Canada. Ce processus s’entamera dès le mois de mai alors que Will Driving West participera à la Canadian Music Week (http://cmw.net/music/artists/details/?id=10483).

Kevin Laforest

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